Sélections des Écrits du Báb
Au nom de Dieu, le Très-Exalté, le Très-Saint. Toute louange et toute gloire soient sur la cour sacrée et glorieuse du souverain Seigneur qui, depuis toujours, est demeuré dans le mystère de sa propre Essence divine, et continuera d'y demeurer à jamais, qui, de temps immémorial, est resté dans sa transcendante éternité et continuera à y rester indéfiniment, exalté au-dessus de la portée et de la connaissance de tous les êtres créés. Le signe de son incomparable révélation telle qu'elle a été créée par Lui et dont Il a imprégné les réalités de tous les êtres, n'est rien d'autre que leur impuissance à le connaître. La lumière qu'Il a répandue sur toutes choses n'est rien d'autre que la splendeur de son Etre même. Il a Lui-même été, de tous temps, immensément exalté au-dessus de toute association avec ses créatures. Il a façonné la création tout entière de telle sorte que tous les êtres puissent, en vertu de leurs pouvoirs innés, porter témoignage devant Dieu, au jour de la résurrection, qu'Il n'a ni pair ni égal et qu'Il est sanctifié de toute ressemblance, similitude ou comparaison. Il a été et sera à jamais unique et incomparable dans la gloire transcendante de son Etre divin et Il a toujours été indescriptiblement puissant dans la sublimité de sa souveraine suzeraineté. Nul n'a jamais été capable de le reconnaître convenablement, et aucun homme ne réussira, à aucun moment, à le comprendre comme il convient réellement, car toute réalité à laquelle peut s'appliquer le terme d' « être » a été créée par la souveraine volonté du Tout-Puissant qui a répandu sur elle l'éclat de son Etre propre, surgissant de son rang le plus auguste. Il a en outre déposé, à l'intérieur des réalités de toutes choses créées, l'emblème de sa reconnaissance, afin que chacun sache, en toute certitude, qu'Il est le commencement et la fin, le Manifeste et le Caché, celui qui crée et celui qui soutient, l'Omnipotent et l'Omniscient, celui qui entend et perçoit toutes choses, celui dont le pouvoir est invincible et qui demeure suprême en sa propre identité, celui qui vivifie et qui donne la mort, le Tout-Puissant, l'Inaccessible, le Très-Exalté, le Très-Haut. Chaque révélation de son Essence divine prouve la sublimité de sa gloire, l'élévation de sa sainteté, l'inaccessible sommet de son unicité, l'exaltation de sa majesté et de son pouvoir. Son commencement n'a eu d'autre commencement que le fait d'être le tout premier, et sa fin ne connaît d'autre fin que le fait d'être le tout dernier.1
La substance avec laquelle Dieu m'a créé n'est pas l'argile dont Il a modelé les autres. Il m'a accordé ce que la sagesse humaine ne pourra jamais saisir, ni le croyant découvrir... Je suis l'un des piliers qui soutiennent le premier Verbe de Dieu. Quiconque m'a reconnu a connu tout ce qui est vrai et juste et a atteint tout ce qui est bon et bienséant ; et quiconque ne m'a pas reconnu s'est détourné de tout ce qui est vrai et juste et a succombé à tout ce qui est mal et messéant.
Je jure par la justice de ton Seigneur, le Seigneur de toutes choses créées, le Seigneur de tous les mondes ! Si un homme élevait dans ce monde autant d'édifices qu'il est possible, s'il adorait Dieu par tous les actes vertueux qu'embrasse la connaissance divine, s'il atteignait la présence du Seigneur et si, dans le même temps, il portait en son cur une trace de malice à mon égard plus infime même que ce qui peut être mentionné devant Dieu tous ses actes seraient réduits à néant ; il serait privé des rayons de la faveur divine, deviendrait l'objet de sa colère et périrait assurément. Car Dieu a ordonné que toutes les bonnes choses enfouies dans le trésor de sa connaissance soient atteintes en observant mes commandements, et que tous les feux mentionnés dans son Livre le soient en me désobéissant. Il me semble qu'en ce jour, et de ce rang, je contemple tous ceux qui chérissent mon amour et suivent mes commandements séjournant dans les demeures du paradis, alors que toute l'assemblée de mes ennemis est consignée au plus profond des tourments de l'enfer.
Par ma vie ! Si ce n'était l'obligation de reconnaître la cause de celui qui est le Témoignage de Dieu... Je ne t'aurais pas annoncé ceci... Dieu a daigné mettre dans ma main droite toutes les clefs du paradis et dans ma main gauche toutes celles de l'enfer...
Je suis le premier Point à partir duquel toute créature a été engendrée. Je suis le visage de Dieu dont le rayonnement ne peut s'affaiblir. La certitude et tous les biens sont la récompense de quiconque me reconnaît, alors que le feu de l'enfer et tous les maux attendent quiconque ne me reconnaît point...
Je jure par Dieu, l'Inimitable, l'Incomparable, le Vrai ! Telle est la seule raison pour laquelle lui - le suprême Témoignage de Dieu - m'a investi de signes évidents : afin que tout homme ait la possibilité de se soumettre à sa cause.
Par la justice de celui qui est la Vérité absolue, si le voile était levé, tu contemplerais dans ce monde-ci tous les hommes, douloureusement tourmentés par le feu de la colère divine, un feu plus ardent et plus grand que celui de l'enfer, à l'exception de ceux qui ont cherché refuge à l'ombre de l'arbre de mon amour. Car ils sont, en vérité, les bienheureux...
Dieu m'en rend témoignage, je n'étais pas un homme de sciences, car j'ai été éduqué comme un marchand. En l'an 60 [1260 après l'Hégire (1844 après J.C.)], Dieu infusa dans mon âme les preuves évidentes et le puissant savoir qui sont la marque de celui qui est le Témoignage de Dieu - que la paix soit sur lui ! - jusqu'à ce que finalement, cette année-là, je proclame la cause cachée de Dieu et dévoile son Pilier bien protégé, d'une manière telle que personne ne pût la réfuter. « Que celui qui doit périr, périsse avec une preuve évidente devant lui, et que celui qui doit vivre, vive par cette même preuve. »[Qur'án 8:44]
En cette même année [l'an 60], je t'ai envoyé un messager avec un livre, afin que tu puisses agir envers la cause de celui qui est le Témoignage de Dieu comme il convient à l'état de la souveraineté. Mais une calamité noire, effrayante et épouvantable ayant été irrévocablement ordonnée par la volonté divine, le livre - sur l'instigation de ceux qui se considèrent comme des amis du gouvernement - ne te fut pas présenté. Jusqu'à ce jour, alors que près de quatre années se sont écoulées, ils ne l'ont pas encore présenté à ta Majesté. Cependant, l'heure fatale approchant, je t'ai donné un aperçu de ce qui a transpiré, car cette affaire concerne la foi et non les choses de ce monde.
Je jure par Dieu ! Si tu savais ce qui m'est advenu entre les mains de ton peuple et de ton armée au cours de ces quatre années, la peur de Dieu te couperait le souffle, à moins que tu ne te lèves pour obéir à la cause de celui qui est le Témoignage de Dieu et que tu ne répares tes manquements et tes échecs.
Alors que j'étais à Shiráz, les ignominies que j'ai endurées aux mains de son gouverneur, homme faux et dépravé, devinrent telles que, même si l'on ne t'en rapportait que le dixième, tu le soumettrais à ta justice. Car, à cause de son opposition absolue, ta cour royale est devenue l'objet de la colère de Dieu jusqu'au jour de la résurrection. Qui plus est, le penchant pour l'alcool de ce gouverneur était devenu si excessif qu'il n'était jamais assez sobre pour porter un jugement sensé. Ainsi inquiété, je fus obligé de quitter Shiráz dans l'espoir d'atteindre la cour illuminée et exaltée de ta Majesté. Le Mu'tamidu'd-Dawlih [n. de t. : Gouverneur d'Isfáhán] devint alors conscient de la vérité de la cause et manifesta une servitude et une dévotion exemplaires envers ses élus. Quand, dans sa ville, des ignorants se levèrent pour fomenter la sédition, il défendit la divine Vérité en m'accordant pour quelque temps sa protection dans l'intimité de la résidence du gouverneur. Enfin, ayant atteint le bon plaisir de Dieu, il se rendit à sa demeure dans le plus haut Paradis. Puisse Dieu le récompenser avec bienveillance...
Après son ascension au royaume éternel, le perfide Gurgín, usant de toutes sortes de tricheries, de faux témoignages et de contraintes, me renvoya hors d'Isfáhán, escorté de cinq soldats, pour un voyage qui dura sept jours, sans même subvenir à mes besoins les plus élémentaires pour le voyage [hélas ! hélas ! pour les choses qui me sont advenues !], jusqu'au moment où parvint l'ordre de ta Majesté m'enjoignant de me diriger vers Mákú...
Je jure par le Seigneur le plus grand ! Si l'on te disait en quel endroit j'habite, tu serais le premier à avoir pitié de moi. Il y a au cur de la montagne une forteresse [Mákú]... les seuls habitants en sont deux gardes et quatre chiens. Imagine-toi alors ma détresse... Par la vérité de Dieu, je le jure ! Si celui qui a voulu me traiter ainsi savait qui je suis, il ne pourrait jamais plus être heureux sa vie durant. Plus même - je t'informe, en fait, de la vérité en cette affaire - c'est comme s'il avait emprisonné tous les prophètes, tous les hommes de vérité et tous les élus...
Après avoir pris connaissance de ce décret, j'écrivis à celui qui administre les affaires du royaume, lui disant : « Par Dieu, je t'en supplie : mets-moi à mort et envoie ma tête où il te plaira. Car, de toute évidence, un innocent tel que moi ne peut se résigner à être enfermé en un endroit réservé aux criminels et à laisser sa vie s'y écouler. » Ma requête demeura sans réponse. Son Excellence le Hájí n'est évidemment pas tout à fait conscient de la vérité de notre cause. Attrister le cur des croyants, hommes ou femmes, serait un acte infiniment plus odieux que dévaster la sainte maison de Dieu.
En vérité, le seul vrai Dieu me porte témoignage qu'en ce jour, je suis le vrai Temple mystique de Dieu et l'Essence de tout bien. Me faire du bien revient à en faire à Dieu, à ses anges et à toute l'assemblée de ses élus. Que dis-je, le rang de Dieu et de ses aimés est trop exalté pour que l'acte - bon ou mauvais d'une personne quelconque - puisse atteindre son seuil sacré. Tout ce qui m'atteint est préordonné ; et ce qui m'est advenu fera retour à celui qui l'a décrété. Par celui entre les mains de qui est mon âme, il n'a mis personne d'autre que lui-même en prison. Car, assurément, tout ce que Dieu a décrété pour moi arrivera et rien d'autre que ce qu'Il a ordonné pour nous ne nous touchera jamais. Malheur à l'homme des mains duquel s'écoule le mal, et béni soit celui des mains duquel s'écoule le bien. Je n'adresse ma plainte à nul autre qu'à Dieu, car Il est le meilleur des juges. Chaque adversité et chaque bénédiction émanent de Lui seul, et Il est le Tout-Puissant, l'Omnipotent.
En résumé, je détiens en mon pouvoir tout ce qu'un homme peut désirer de bien en ce monde et dans l'autre. Si je levais le voile, tous me reconnaîtraient comme leur Bien-Aimé le plus cher, et nul ne me renierait. Que cette assertion n'étonne pas ta Majesté, car un vrai croyant en l'unité de Dieu qui garde les yeux fixé sur Lui seul considérera toute autre chose que Lui comme pur néant. Je le jure par Dieu ! Je ne réclame de toi aucun bien terrestre, fût-il de la grosseur d'un grain de moutarde. En vérité, posséder quoi que ce soit de ce monde ou de l'autre équivaudrait, selon moi, à un blasphème manifeste. Car il ne convient pas au croyant en l'unité de Dieu de tourner son regard vers quoi que ce soit d'autre, et encore moins de le détenir en sa possession. Je sais, en toute certitude, que puisque j 'ai Dieu, l'Eternel, l'Adoré, je suis le possesseur de toutes choses, visibles et invisibles...
En cette montagne, je suis resté seul et je suis parvenu à un point tel qu'aucun de ceux qui m'ont précédé n'a souffert ce que j'ai souffert, ni aucun transgresseur enduré ce que j'ai enduré ! Je rends grâce à Dieu, encore et encore. Demeurant dans le bon plaisir de mon Seigneur et Maître, je me trouve libéré du chagrin. Il me semble que je suis dans le paradis le plus élevé, me réjouissant de ma communion avec Dieu, le Très-Grand. Ceci est, en vérité, une faveur que Dieu m'a accordée, et Il est le Seigneur des bénédictions infinies.
Je jure par la vérité de Dieu ! Si tu savais ce que je sais, tu renoncerais à la souveraineté de ce monde et de l'autre afin de pouvoir accéder à mon bon plaisir en obéissant au seul Vrai... Si tu refusais, le Seigneur du monde en susciterait un autre qui exalterait sa cause et, en vérité, la volonté divine serait exécutée.
Par la grâce de Dieu, rien ne peut faire échouer mon dessein et je suis parfaitement conscient de ce que Dieu m'a accordé en témoignage de sa faveur. Si telle était ma volonté, je dévoilerais toutes choses à ta Majesté ; mais je ne l'ai fait ni ne le ferai, afin que la Vérité puisse être distinguée du reste et que cette prophétie de l'Imám Báqir - que la paix soit sur lui ! - soit entièrement accomplie : « Ce qui doit nous arriver en Ádhirbáyján est inévitable et sans pareil. Quand ceci arrivera, demeurez dans vos maisons et restez patients comme nous le sommes restés. Aussitôt que l'Animateur avancera, hâtez-vous de le rejoindre, même s'il vous fait ramper dans la neige ».
J'implore le pardon de Dieu pour moi-même et pour tout ce qui m'est lié, et j'affirme : « Loué soit Dieu, le Seigneur de tous les mondes ! »2
Ô Shérif ! ... Ta vie durant, tu Nous as consacré ta dévotion mais, lorsque Nous Nous sommes manifesté à toi, tu as refusé de porter témoignage à Notre Souvenir et d'affirmer qu'Il est en fait le Très-Exalté, la Vérité souveraine, l'infiniment Glorieux. Ainsi, au jour de la résurrection, ton Seigneur t'a mis à l'épreuve. Il est en vérité, l'Omniscient, l'infiniment Sage.
Si, au moment où Nous t'avons envoyé le Livre, tu avais dit : « Me voici », Nous t'aurions admis dans l'assemblée de ceux de Nos serviteurs qui croient sincèrement, et Nous t'aurions gracieusement loué dans Notre Livre jusqu'au jour où tout homme comparaîtra devant Nous pour le jugement. Ceci est, en vérité, bien plus avantageux pour toi que tous les actes d'adoration que tu as accomplis pour ton Seigneur pendant toute ta vie ou, plutôt, depuis le commencement qui n'a pas de commencement. Et c'est assurément ce qui aurait servi ton plus grand intérêt et le servira à jamais. En vérité, Nous connaissons toutes choses. Cependant, bien que Nous t'ayons appelé à l'existence pour que tu atteignes Notre présence au jour de la résurrection, tu t'es coupé de Nous sans aucune raison ni aucun écrit explicite ; alors que, si tu avais été parmi ceux qui sont doués de la connaissance du Bayán, tu aurais, à la vue du Livre, attesté sur le champ qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Lui, le Secours dans le péril, celui qui subsiste par Lui-même, et tu aurais affirmé que celui qui a révélé le Qur'án a, de même, révélé ce Livre, que chacun de ses mots vient de Dieu et qu'à Lui nous nous soumettons tous.
Cependant, ce qui a été préordonné est advenu. Si tu revenais vers Nous alors qu'à travers Nous la révélation se poursuit, Nous transformerions ton feu en lumière. En vérité, Nous détenons le pouvoir sur toutes choses. Mais, si tu échoues dans cette tâche, tu ne trouveras aucun autre chemin ouvert devant toi que celui d'embrasser la cause de Dieu et d'implorer que ton acte d'obéissance soit porté à l'attention de celui que Dieu rendra manifeste, afin qu'Il te rende capable de prospérer et de transformer ton feu en lumière. Ceci est ce qui Nous a été envoyé. Si cela n'advenait pas, tout ce que nous avons écrit resterait lié et irrévocablement décrété par Dieu, le Secours dans le péril, celui qui subsiste par Lui-même, et Nous te bannirions donc de Notre présence en signe de justice de Notre part. En vérité, Nous sommes équitables dans Notre jugement.3
Toutes louanges soient à Dieu qui a, par le pouvoir de la Vérité, envoyé ce Livre à son serviteur afin qu'il serve de lumière étincelante à toute l'humanité... Ceci n'est en fait rien d'autre que la Vérité souveraine ; c'est le chemin que Dieu a déployé pour tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre. Que celui, donc, qui le désire prenne le droit sentier vers son Seigneur. En vérité, ceci est la vraie foi de Dieu, et Dieu et ceux qui sont doués de la connaissance du Livre en sont un témoignage suffisant. Ceci est, en fait, l'éternelle Vérité que Dieu, l'Ancien des jours, a révélée à son Verbe omnipotent - celui qui a été élevé du milieu du Buisson ardent. C'est le mystère qui a été caché à tous ceux qui sont dans les cieux et sur la terre et, en cette merveilleuse révélation, il a été énoncé dans le Livre-Mère par la main de Dieu, l'Exalté...
Ô assemblée des rois et des fils de rois ! Abandonnez tous votre autorité qui appartient à Dieu...
Ne laisse pas ta souveraineté t'abuser, ô Shah, car « chaque âme goûtera à la mort » [Qur'án 3:182] et ceci a été écrit, en vérité, comme un décret de Dieu.4
Ne dites pas : « Comment peut-il parler de Dieu alors qu'en vérité, il n'a pas plus de vingt-cinq ans ? » Ecoutez-moi. Je jure par le Seigneur des cieux et de la terre : Je suis, en vérité, un serviteur de Dieu. Il a fait de moi le porteur de preuves irréfutables émanant de la présence de celui qui est la Pérennité de Dieu tant espérée. Voici mon Livre devant vos yeux ainsi qu'il est inscrit, en la présence de Dieu, dans le Livre-Mère. Dieu, en vérité, m'a béni où que je sois et m'a enjoint d'observer la prière et la constance aussi longtemps que je vivrai parmi vous sur la terre.5
Par la justice du seul vrai Dieu, je suis la céleste servante engendrée par l'esprit de Bahá, habitant la demeure taillée dans une masse de rubis, tendre et vibrante ; et, dans ce puissant paradis, je n'ai jamais rien observé d'autre que ce qui proclame le Souvenir de Dieu en exaltant les vertus de ce jeune Arabe. En vérité, il n'y a pas d'autre Dieu que votre Seigneur, l'infiniment Miséricordieux. Magnifiez donc son rang car, voyez, il se tient en équilibre au cur même du plus haut paradis comme la personnification de la louange de Dieu au sein du tabernacle où il est glorifié.
Parfois j'entends sa voix alors qu'il acclame celui qui est l'Eternel, l'Ancien des jours ; parfois aussi, alors qu'il parle du mystère de son nom très auguste, et quand il entonne les hymnes à la grandeur de Dieu, tout le paradis, dans le désir de contempler sa beauté, se lamente, et quand il chante des paroles de louange et de glorification de Dieu, tout le paradis devient immobile, pareil à la glace bloquée au cur d'une montagne gelée. Il me semble que je l'ai vu marcher le long d'une voie médiane sur laquelle chaque paradis était son propre paradis, chaque ciel son propre ciel, alors que la terre et tout ce qui s'y trouve apparaissait comme un simple anneau au doigt de ses serviteurs. Glorifié soit Dieu, son Créateur, le Seigneur de l'éternelle souveraineté. En vérité, il n'est que le serviteur de Dieu, la Porte de la Pérennité de Dieu, votre Seigneur, la Vérité souveraine.6
Ô toi, le suprême Verbe de Dieu ! Ne crains pas et ne t'affliges pas car, en vérité, Nous avons assuré à ceux - hommes ou femmes - qui ont répondu à ton appel, le pardon des péchés selon ce qui est connu en présence du Bien-Aimé et conformément à ce que tu désires. En vérité, sa connaissance embrasse toutes choses. Par ma vie, je t'en adjure : Tourne ton visage vers moi et ne sois pas craintif. En vérité, tu es l'Exalté parmi l'Assemblée céleste et ton mystère caché a bien été inscrit sur la tablette de la création au centre du Buisson ardent. D'ici peu, Dieu t'accordera la souveraineté sur tous les hommes car sa loi transcende la création tout entière.7
Sortez de vos cités, ô peuples de l'Ouest, et aidez Dieu avant le jour où le Seigneur de miséricorde descendra vers vous à l'ombre des nuages, avec les anges évoluant autour de Lui [Qur'án 2:206], exaltant sa louange et cherchant le pardon pour ceux qui ont vraiment cru en Nos signes. En vérité, son décret a été promulgué et le commandement de Dieu, tel qu'il est donné dans le Livre-Mère, a vraiment été révélé...
Devenez comme de véritables frères dans la religion de Dieu, une et indivisible, exempte de distinctions, car Dieu, en vérité, désire que votre cur devienne un miroir pour vos frères dans la foi, afin que vous vous réfléchissiez en eux et eux en vous. Ceci est le vrai chemin de Dieu, le Tout-Puissant et, en vérité, Il est attentif à vos actions.8
Chaque fois que les croyants entendront réciter les versets de ce Livre, des larmes leur couleront des yeux et leur cur sera profondément touché par celui qui est le plus grand Souvenir à cause de l'amour qu'ils nourrissent pour Dieu, l'infiniment Loué. Il est Dieu, l'Omniscient, l'Eternel. En vérité, ils sont les hôtes du plus haut paradis où ils habiteront à jamais. En vérité, ils n'y verront rien d'autre que ce qui est venu de Dieu, rien qui se situera au-delà des limites de leur compréhension. Là, dans le paradis, ils rencontreront les croyants qui s'adresseront à eux avec les paroles de « Paix, paix » sur leurs lèvres...
Ô assemblée des fidèles ! Prêtez l'oreille à ma voix proclamée par ce Souvenir de Dieu. En vérité, Dieu m'a révélé que le chemin du Souvenir, établi par moi, est réellement le droit chemin de Dieu et que quiconque professe une autre religion que cette foi intègre découvrira, lorsqu'il sera appelé à rendre des comptes au jour du jugement, qu'il n'a glané aucun bénéfice de la religion de Dieu, ainsi qu'il a été consigné dans le Livre...
Craignez Dieu, ô assemblée des rois, de peur de rester éloignés de celui qui est son Souvenir [le Báb], après que la vérité soit venue à vous avec un Livre et des signes de Dieu, ainsi que l'ont exprimé les merveilleuses paroles de celui qui est son Souvenir. Recherchez la grâce de Dieu, car Il a ordonné pour vous, si vous avez cru en Lui, un jardin aussi vaste que le paradis tout entier. A l'intérieur, vous ne trouverez rien d'autre que les dons et faveurs que le Tout-Puissant a gracieusement accordés en vertu de cette grande cause, ainsi qu'il a été décrété dans le Livre-Mère.9
Si tel était Notre désir, il est en Notre pouvoir, par l'intermédiaire de Notre révélation, d'obliger le monde et tout ce qu'il contient à reconnaître, en moins d'un clin d'il, la vérité de Notre cause...
En réalité, d'autres apôtres, avant toi [Qur'án 6:10], ont été ridiculisés, et tu n'es autre que le serviteur de Dieu, soutenu par le pouvoir de la Vérité. Bientôt Nous prolongerons les jours de ceux qui ont rejeté la Vérité à cause de ce que leurs mains ont uvré [Qur'án 3:172], et Dieu, en vérité, ne traitera personne injustement - fût-ce dans la mesure d'une poussière sur un noyau de datte.10
Ô vous, peuples de la terre ! Par la justice de Dieu, le seul vrai, le témoignage apporté par son Souvenir est comme un soleil que la main du Seigneur miséricordieux a élevé au plein cur des cieux, d'où il brille dans la plénitude de sa splendeur méridienne...
Avec chaque prophète que Nous avons envoyé dans le passé, Nous avons établi une alliance séparée concernant le Souvenir de Dieu et son jour. Manifestes, dans le royaume de gloire et par le pouvoir de vérité, sont le Souvenir de Dieu et son jour, au yeux des anges qui gravitent autour de son siège de miséricorde.11
Aux yeux de Dieu, cette religion est, en vérité, l'essence de la foi de Muhammad ; hâtez-vous donc d'atteindre le paradis céleste et le plus haut jardin de son bon plaisir en présence du seul vrai Dieu, si seulement vous pouviez être patients et reconnaissants devant les preuves des signes de Dieu.12
En signe de pure justice, Nous avons, en vérité, adressé à chaque prophète des nouvelles concernant la cause de notre Souvenir et, en vérité, Dieu est suprême au-dessus de tous les peuples du monde.13
Il est préférable de guider une seule âme plutôt que de posséder tout ce qui se trouve sur la terre car, tant que cette âme reste à l'ombre de l'Arbre de l'unité divine, elle bénéficiera, ainsi que celle qui l'a guidée, de la tendre miséricorde de Dieu, alors que la possession de biens terrestres cessera au moment de la mort. Le chemin de celui qui guide est un chemin d'amour et de compassion, non de force et de coercition. Telle a été la méthode employée par Dieu dans le passé, et elle continuera à l'être dans le futur ! Il permet à qui il Lui plaît de pénétrer à l'ombre de sa miséricorde. En vérité, Il est le Protecteur suprême, l'infiniment Généreux.
Il n'y a pas de paradis plus merveilleux pour une âme que d'être exposé à la manifestation de Dieu en son jour, d'entendre ses versets et de croire en eux, d'atteindre sa présence qui n'est rien d'autre que la présence de Dieu, de naviguer sur la mer du royaume céleste de son bon plaisir, et d'avoir sa part des fruits de choix du paradis de sa divine unicité.14
Adore Dieu de manière telle qu'aucun changement ne se produirait dans ton adoration si ta dévotion te conduisait au feu ou si, de la même manière, ta récompense devait être le paradis. Ainsi - seulement - devrait être l'adoration qui convient au seul vrai Dieu. Si ton adoration était motivée par la peur, elle ne serait pas convenable à la cour sanctifiée de sa présence, et ne pourrait être considérée comme un acte voué par toi à l'unicité de son être. De même, si ton regard se posait sur le paradis et que tu l'adorais tout en chérissant un tel espoir, tu ferais de la création divine un partenaire de Dieu en dépit du fait que ce paradis est désiré par les hommes.
Le feu et le paradis s'inclinent et se prosternent devant Dieu. Ce qui est digne de son Essence est de l'adorer pour Lui-même, sans crainte du feu ni espoir du paradis.
Bien que, s'il adore Dieu sincèrement, l'adorateur soit délivré du feu et entre au paradis de son bon plaisir, il ne doit pas le faire dans ce but. Toutefois, la faveur et la grâce divines se répandent selon les exigences de son inscrutable sagesse.
La plus acceptable des prières est celle qui est offerte avec la spiritualité et le rayonnement les plus extrêmes ; sa prolongation n'a pas été et n'est pas aimée de Dieu. Plus la prière est détachée et pure, plus elle est acceptable en présence de Dieu.15
Selon les croyants en l'unité divine, il n'y a pas de paradis plus exalté que d'obéir aux commandements de Dieu, et il n'y a pas de feu plus ardent, aux yeux de ceux qui ont connu Dieu et ses signes, que de transgresser ses lois et d'opprimer une autre âme, même dans la mesure d'un grain de moutarde. Au jour de la résurrection, Dieu jugera, en vérité, tous les hommes et, en vérité, tous nous implorons sa grâce.16
Dieu aime ceux qui sont purs. Rien, dans le Bayán et aux yeux de Dieu, n'est plus apprécié que la pureté et la propreté immaculée...
Dieu ne désire pas qu'une seule âme, dans la dispensation du Bayán, soit dépourvue de joie et de rayonnement. Il désire, en vérité, qu'en toutes circonstances tous les hommes soient parés d'une telle pureté, à la fois intérieure et extérieure, qu'aucune répugnance ne puisse leur être causée, et encore moins aux autres qu'à eux-mêmes.17
Vous accomplissez vos uvres pour Dieu depuis le début de votre vie jusqu'à sa fin, et pourtant aucun de vos actes n'est accompli pour l'amour de celui qui est la Manifestation de Dieu, vers qui toute bonne action retourne. Si vous aviez agi de cette manière, vous n'auriez pas souffert si cruellement au jour de la résurrection.
Contemplez combien grande est la cause et, pourtant, comme les gens sont enveloppés de ténèbres ! Je jure, par l'Essence sanctifiée de Dieu, que toute louange et toute action véritables offertes à Dieu ne sont rien d'autre que louange et action offertes à celui que Dieu rendra manifeste.
Ne vous abusez pas en pensant que vous êtes vertueux par amour pour Dieu alors que vous ne l'êtes pas. Car, si vous accomplissiez vos uvres réellement pour Dieu, vous le feriez pour celui que Dieu rendra manifeste, et vous magnifieriez son nom. Privés de la vraie compréhension, les habitants de cette montagne profèrent incessamment ces paroles : « Il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu » ; mais quels avantages en retirent-ils ? Réfléchissez un moment, afin de ne pas être séparés comme par un voile de celui qui est la source de révélation.18
De tous temps et en toutes circonstances, Dieu est resté entièrement indépendant de ses créatures. Il a chéri et chérira à jamais le désir que tous les hommes puissent atteindre les jardins de son paradis avec le plus grand amour, que personne n'attriste son prochain - pas même pour un instant - et que tous demeurent dans le berceau de sa protection et de sa sécurité jusqu'au jour de la résurrection qui marque l'aurore de la révélation de celui que Dieu rendra manifeste.
Le Seigneur de l'univers n'a jamais élevé un prophète ni envoyé un Livre sans avoir établi son alliance avec tous les hommes, réclamant leur acceptation de la prochaine révélation et du prochain Livre, car les effusions de sa générosité sont incessantes et sans limite.19
Combien nombreux sont les érudits en toutes sciences ? et pourtant c'est leur adhésion à la sainte parole de Dieu qui déterminera leur foi, puisque le fruit de toute science n'est rien d'autre que la connaissance des préceptes divins et la soumission à son bon plaisir.20
Ô peuple du Bayán ! Soyez sur vos gardes car, au jour de la résurrection, nul ne trouvera de lieu où fuir. Il apparaîtra soudainement et prononcera le jugement qui Lui plaira. Si tel est son désir, Il fera que l'humilié soit exalté et que l'exalté soit humilié, ainsi qu'Il le fit dans le Bayán ; si seulement tu pouvais le comprendre ! Et personne d'autre que Lui n'est égal à cela. Tout ce qu'Il ordonne sera accompli, et rien ne restera inaccompli.21
Puisque tous les hommes sont issus de l'ombre des signes de sa divinité et de sa suzeraineté, ils cherchent toujours à prendre une voie élevée et exaltée. Et parce qu'ils sont privés d'un regard pénétrant pour reconnaître leur Bien-Aimé, ils manquent à leur devoir de manifester envers lui douceur et humilité. Cependant, dès le début jusqu'à la fin de leur vie, selon les lois établies dans la religion précédente, ils rendent gloire à Dieu, l'adorent pieusement, s'inclinent devant sa divine réalité et montrent de la soumission envers son Essence exaltée. Cependant, à l'heure de sa manifestation, ils tournent tous leur regard vers eux-mêmes et se séparent ainsi de Lui, puisqu'ils s'imaginent qu'Il est l'un des leurs. Or, une telle comparaison est bien éloignée de la gloire de Dieu. En vérité, cet être auguste ressemble au soleil physique, ses versets en sont comme les rayons, et tous les croyants, s'ils croient vraiment en lui, sont comme des miroirs dans lesquels est reflété le soleil. Ainsi, leur lumière n'est qu'un simple reflet.22
S'il t'a été enjoint de te retirer pour les moments de dévotion, c'est afin que tu puisses accorder la plus grande attention au souvenir de Dieu, que ton cur soit à tout instant animé de son Esprit, et non séparé de ton Bien-Aimé comme par un voile. Ne laisse pas ta langue rendre à Dieu des hommages peu sincères alors que ton cur n'est pas en harmonie avec le Sommet exalté de gloire et le Point focal de communion. Si donc par bonheur, tu vis au jour de la résurrection, le miroir de ton cur sera dirigé vers celui qui est l'Astre du jour de Vérité ; et, dès que sa lumière apparaîtra, la splendeur en sera aussitôt reflétée dans ton cur. Car il est la source de toute bonté, et vers lui toutes choses retournent. Mais, s'il apparaît alors que tu t'es tourné vers toi-même en méditation, cela ne te sera d'aucun profit à moins que tu ne mentionnes son nom par des paroles qu'il a révélées. Car c'est lui qui est le Souvenir de Dieu dans la révélation à venir, alors que les dévotions que vous accomplissez à présent ont été prescrites par le Point du Bayán, tandis que celui qui brillera, resplendissant au jour de la résurrection, est la révélation de la réalité interne enchâssée dans le Point du Bayán - une révélation plus puissante - incommensurablement plus puissante - que celle qui l'a précédée.23
Il sied au serviteur, après chaque prière, de supplier Dieu d'accorder grâce et pardon à ses parents. Après quoi l'appel de Dieu s'élèvera : « Ta récompense sera des milliers et des milliers de fois ce que tu as demandé pour tes parents ! » Béni est celui qui se souvient de ses parents alors qu'il communie avec Dieu. En vérité, il n'y a d'autre Dieu que Lui, le Puissant, le Bien-Aimé.24
Etant donné que cette charpente physique est le trône du temple intérieur, tout ce qui arrive à la première est ressenti par le second. En réalité, ce qui est heureux dans la joie ou attristé par la souffrance est le temple intérieur du corps, et non le corps lui-même. Puisque ce corps physique est le trône sur lequel est établi k temple intérieur, Dieu a ordonné que le corps soit préservé dans toute la mesure du possible, afin que rien de ce qui est cause de répugnance ne soit éprouvé. Le temple intérieur contemple sa charpente physique qui est son trône. Donc, si l'on respecte ce dernier, c'est comme si le premier en était le récipient. L'inverse est également vrai. C'est pourquoi il a été ordonné que le cadavre soit traité avec l'honneur et le respect les plus extrêmes.25
Le seul vrai Dieu peut être comparé au soleil et le croyant à un miroir. Sitôt placé face au soleil, le miroir réfléchit sa lumière. L'incroyant peut être comparé à une pierre. Quelle que soit la durée de son exposition aux rayons du soleil, elle ne peut réfléchir le soleil. Ainsi, le croyant offre sa vie en sacrifice alors que l'incroyant dirige contre Dieu ce qu'il entreprend. En vérité, si Dieu le veut, Il a le pouvoir de transformer la pierre en un miroir, mais la personne elle-même demeure résignée à son état. Si elle avait souhaité devenir un cristal, Dieu lui aurait fait assumer la forme du cristal. Car, en ce jour, tout ce qui incite le croyant à croire en Lui sera aussi disponible à l'incroyant. Mais, quand ce dernier supporte d'être enveloppé de voiles, cette même cause l'isole comme par un voile. Donc - ainsi qu'il est bien évident aujourd'hui - ceux qui ont dirigé leur visage vers Dieu, le seul vrai, ont cru en Lui à cause du Bayán, alors que ceux qui sont voilés ont été privés à cause de ce dernier.26
Loué soit Dieu qui nous a rendu capables de connaître celui que Dieu rendra manifeste au jour de la résurrection, afin que nous puissions tirer profit du fruit de notre existence et ne pas être empêchés d'atteindre la présence de Dieu. Car c'est là, en vérité, l'objet de notre création et le seul but qui motive chacun des actes vertueux que nous puissions accomplir. Telle est la munificence que Dieu nous a accordée ; Il est, en vérité, l'infiniment Bon, le Miséricordieux. Sache que tu y parviendras si tu crois avec une foi inébranlable. Toutefois, comme tu ne peux atteindre l'état de foi inébranlable, en raison des voiles de tes désirs égoïstes, tu t'attarderas donc dans le feu sans même en être conscient. Au jour de sa manifestation, à moins que tu ne croies vraiment en lui, rien ne peut te sauver du feu même si tu accomplis tous les actes vertueux du monde. Si tu embrasses la Vérité, tout ce qui est bon et agréable sera consigné pour toi dans le Livre de Dieu et, en conséquence, tu te réjouiras dans le plus haut paradis jusqu'à la prochaine résurrection.
Réfléchissez avec toute l'attention requise, car le chemin est très étroit, même s'il est plus spacieux que les cieux et la terre et tout ce qui se trouve entre les deux. Si par exemple, tous ceux qui attendaient l'accomplissement de la promesse de Jésus avaient été assurés de la manifestation de Muhammad, l'Apôtre de Dieu, personne ne se serait détourné des paroles de Jésus. De même, dans la révélation du Point du Bayán, si tous les hommes étaient certains que c'est ce même Mihdí promis [celui qui est guidé] qu'annonça l'Apôtre de Dieu, pas un seul des croyants dans le Qur'án ne se détournerait des paroles de l'Apôtre de Dieu. Et ainsi, dans la révélation de celui que Dieu rendra manifeste, observez la même chose ; car si chacun était assuré qu'il est bien « celui que Dieu rendra manifeste » celui qu'a prédit le Point du Bayán, nul ne s'écarterait de lui.27
Tu as posé des questions concernant les fondements de la religion et ses commandements : Sache que ce qui vient en premier, le plus important dans la religion, est la connaissance de Dieu. Elle atteint sa perfection dans la reconnaissance de son unicité divine qui, à son tour, se réalise en proclamant que son sanctuaire saint et exalté, le siège de sa transcendante majesté, est sanctifié de tout attribut. Et sache que, dans ce monde de l'existence, la connaissance de Dieu ne pourra jamais être atteinte si ce n'est par la connaissance de celui qui est l'Aurore de la réalité divine.28
Dieu miséricordieux ! Dans les régions de l'islam, sept puissants souverains dirigent actuellement le monde. Aucun d'eux n'a été informé de sa manifestation, celle du Báb et, s'ils en ont été informés, aucun n'a cru en lui. Qui sait, il peuvent quitter ce bas-monde pleins de désirs et sans avoir réalisé que la chose qu'ils attendaient était survenue. C'est ce qui advint aux monarques qui s'accrochaient à l'Evangile. Ils attendaient la venue du Prophète de Dieu [Muhammad] et, quand il apparut, ils ne le reconnurent pas. Vois quelles sommes énormes dépensent ces souverains sans avoir la moindre idée de nommer un officier chargé de les informer, dans leurs propres royaumes, de la manifestation de Dieu ! Ils auraient ainsi rempli le but pour lequel ils ont été créés. Or, tout ce qu'ils ont désiré et désirent encore, c'est de laisser derrière eux des traces de leurs noms.29
Laisse-moi établir pour toi quelques preuves rationnelles. Si quelqu'un désire embrasser la foi de l'islam aujourd'hui, le témoignage de Dieu s'avérerait-il pour lui concluant ? Si tu soutiens que non, alors comment se fait-il que Dieu le châtiera après la mort et que, alors qu'il vit, le verdict d' « incroyant » est prononcé contre lui ? Si tu affirmes que le témoignage est concluant, comment le prouveras-tu ? Si ton assertion est fondée sur un ouï-dire, alors de simples paroles sont inacceptables en tant que témoignage probant ; mais, si tu considérais le Qur'án comme le témoignage, ce serait là une preuve évidente et de poids.
Considère maintenant la révélation du Bayán. Si les disciples du Qur'án avaient appliqué des preuves semblables à celles qu'ils avancent pour les personnes qui ne croient pas dans l'islam, pas une seule âme ne serait demeurée privée de la Vérité et, au jour de la résurrection, chacun serait parvenu au salut.
Si un chrétien alléguait : « Comment puis-je prendre le Qur'án pour témoignage alors que je suis incapable de le comprendre ? », un tel argument serait inacceptable. De même, le peuple du Qur'án observe dédaigneusement : « Nous sommes incapables de saisir l'éloquence des versets du Bayán, comment pouvons-nous le considérer comme un témoignage ? » A quiconque tient un tel langage, dis : « Ô ignorant ! Sur quelle preuve as-tu embrassé la religion de l'islám ? Est-ce le prophète sur lequel jamais tes yeux ne se sont posés ? Sont-ce les miracles dont tu n'as jamais été témoin ? Si tu as accepté l'islam sans le vouloir, pourquoi l'as-tu fait ? Mais, si tu as embrassé la foi par la reconnaissance du Qur'án en tant que témoignage, parce que tu as entendu les érudits et les fidèles exprimer leur impuissance en face du Livre ou si, après avoir écouté les versets divins et à cause de ton amour spontané pour la vraie parole de Dieu, tu as répondu dans un esprit d'extrême humilité - un esprit qui est l'un des signes les plus puissants de véritable amour et de compréhension -alors, de telles preuves ont toujours été et seront à jamais considérées comme irréfutables ».30
Détache-toi de tout sauf de Dieu, enrichis-toi en Dieu en te passant de tout autre que de Lui, et récite cette prière :
Dis : Dieu suffit à toutes choses au-dessus de toutes choses et rien dans les cieux ni sur la terre ni dans ce qui se trouve entre les deux sauf Dieu, ton Seigneur, ne suffit. En vérité, Il est en Lui-même celui qui sait, celui qui soutient, l'Omnipotent.
Ne considère pas le pouvoir de Dieu qui suffit à tout comme une vaine chimère. C'est cette foi réelle que tu chéris pour la manifestation de Dieu en chaque dispensation. C'est une telle foi qui suffit au-delà de tout ce qui existe sur la terre, alors qu'aucune chose créée sur terre autre que la foi ne te suffirait. Si tu n'es pas un croyant, l'Arbre de Vérité divine te condamnera à l'extinction. Si tu es un croyant, ta foi te suffira par delà tout ce qui existe sur terre, même si tu ne possèdes rien.31
Si une personne s'attribuait une cause et produisait ses preuves, alors ceux qui essaient de la répudier doivent produire des preuves semblables aux siennes. S'ils y parviennent, ses paroles s'avéreront vaines et ils auront réussi ; autrement, ses paroles ne cesseront pas et les preuves qu'il a avancées ne deviendront pas vaines. Je vous le demande, ô vous qui êtes investis du Bayán, si vous êtes trop heureux d'affirmer votre ascendance, ne faites face à aucune âme à moins d'avancer des preuves semblables à celles qu'elle a fournie ; car la Vérité sera fermement établie, alors que tout le reste est sûr de périr.
Combien nombreux furent ceux qui se disputèrent avec Muhammad, l'Apôtre de Dieu, et furent en fin de compte réduits à néant, puisqu'ils furent incapables de produire des preuves semblables à la preuve que Dieu lui avait envoyée. S'ils avaient été modestes et décontenancés et s'ils avaient compris la nature des preuves dont il était investi, ils ne l'auraient jamais défié. Mais ils se considéraient comme des champions de leur propre religion. C'est pourquoi Dieu s'empara d'eux selon leurs mérites et défendit la Vérité par le pouvoir de la Vérité. C'est ce que vous percevez clairement aujourd'hui dans la révélation de Muhammad.
Quel est, parmi vous, l'homme qui peut défier les trônes exaltés de la réalité en chaque dispensation, alors que toute existence en est entièrement dépendante ? En vérité, Dieu a anéanti tous ceux qui se sont opposés à eux depuis le commencement qui n'a pas de commencement jusqu'à ce jour, et Il a démontré la Vérité de manière concluante par le pouvoir de la Vérité. Il est réellement le Tout-Puissant, l'Omnipotent.32
Considérez comment, au jour de l'apparition de chaque révélation, ceux qui ouvrent leur cur à l'auteur de cette révélation, reconnaissent la Vérité, alors que les curs de ceux qui omettent d'appréhender la Vérité sont mal à l'aise de s'être écartés de lui. Cependant Dieu accorde pareillement un cur ouvert aux deux parties. Dieu ne désire contraindre le cur d'aucun être - fût-ce d'une fourmi - et encore moins le cur d'une créature supérieure, sauf lorsqu'elle accepte d'être enveloppée dans des voiles, car Dieu est le Créateur de toutes choses.
Si tu ouvrais le cur d'une seule âme en l'aidant à embrasser la cause de celui que Dieu rendra manifeste, ton être intime serait rempli de l'inspiration de ce nom auguste. Il vous appartient donc d'accomplir cette tâche aux jours de la résurrection, car la plupart des hommes sont réduits à l'impuissance et, si tu ouvrais leur cur et dissipais leurs doutes, il leur serait permis d'entrer dans la foi de Dieu. Manifeste donc cet attribut du mieux que tu pourras aux jours de celui que Dieu rendra manifeste. Car, en vérité, si tu ouvres le cur d'une personne par amour pour lui, ce sera mieux pour toi que tout acte vertueux, puisque les actes viennent après la foi en lui et la certitude en sa réalité.33
Comme ils sont nombreux ceux qui, leur vie durant, se parent de vêtements de soie alors qu'ils sont revêtus de l'habit de feu, puisqu'ils se sont dépouillés de la parure de la direction divine et de la vertu ; et comme ils sont nombreux ceux qui, chaque jour de leur vie, portent des vêtements faits de coton ou de grosse laine mais qui, parce qu'ils sont dotés du manteau de la direction divine et de la vertu, sont réellement parés des habits du paradis et se réjouissent du bon plaisir de Dieu. En vérité, au regard de Dieu, il serait préférable que vous unissiez les deux, vous parant de la robe de direction divine et de vertu et portant des habits de soie délicate, si vous en avez les moyens. Sinon, du moins n'agissez pas injustement mais observez la piété et la vertu...
Si ce n'était à cause de sa seule présence parmi ce peuple, Nous n'aurions prescrit aucune loi ni imposé quelque interdit que ce soit. C'est seulement pour la glorification de son nom et l'exaltation de sa cause que Nous avons, sur Notre commandement, énoncé certaines lois ou interdit les actes qui Nous déplaisent, afin qu'à l'heure de sa manifestation, vous puissiez atteindre par lui le bon plaisir de Dieu et vous abstenir des choses qui Lui font horreur.
Dis : En vérité, le bon plaisir de celui que Dieu rendra manifeste est le bon plaisir de Dieu, alors que le mécontentement de celui que Dieu rendra manifeste n'est rien d'autre que le mécontentement de Dieu. Evitez son mécontentement et prenez refuge en son bon plaisir. Dis : Les exemples vivants de son bon plaisir sont ceux qui croient réellement en Lui et sont fermement établis dans leur fois alors que les témoignages vivants de son mécontentement sont ceux qui, lorsqu'ils entendent les versets de Dieu envoyés de sa présence ou lorsqu'ils lisent les divines paroles révélées par Lui, n'embrassent pas instantanément la foi pour atteindre à la certitude.34
Dis : Dieu est le Seigneur et tous en sont les adorateurs.
Dis : Dieu est le seul vrai et tous Lui rendent hommage.
Voici Dieu, votre Seigneur, et vers Lui vous retournerez.
Y-a-t-il quelque doute à son sujet ? Il vous a créés ainsi que toutes choses. Le Seigneur de tous les mondes, c'est Lui.35
- SÉLECTIONS DES ÉCRITS DU BÁB [Bruxelles : MAISON D'ÉDITIONS BAHÁ'ÍES, 1984], pp. 102-103
- ibid., pp. 10-15
- ibid., pp. 26-27
- ibid., p. 37
- ibid., pp. 42-43
- ibid., p. 49
- ibid., p. 50
- ibid., pp. 50-51
- ibid., pp. 56-57
- ibid., pp. 61-62
- ibid., pp. 62
- ibid., p. 65
- ibid., p. 67
- ibid., p. 71
- ibid., pp. 71-72
- ibid., p. 73
- ibid., pp. 73-74
- ibid., p. 79
- ibid., p. 80
- ibid., p. 81
- ibid., pp. 84-85
- ibid., p. 85
- ibid., pp. 86-87
- ibid., p. 87
- ibid., pp. 87-88
- ibid., p. 95
- ibid., pp. 101-102
- ibid., p. 107
- ibid., p. 107
- ibid., pp. 109-110
- ibid., pp. 112-113
- ibid., pp. 121-122
- ibid., pp. 122-123
- ibid., pp. 137-138
- ibid., p. 141
- ibid., pp. 144-145
- ibid., p. 145
- ibid., pp. 145-147
- ibid., pp. 147-150
- ibid., pp. 150-151
- ibid., pp. 162-163
- ibid., pp. 163-164
- ibid., p. 165
- ibid., pp. 165
- ibid., pp. 165-166
- ibid., pp. 166-167
- ibid., p. 169
- ibid., p. 169
- ibid., p. 172
- ibid., pp. 172-173
- ibid., pp. 173-174
- ibid., pp. 174-175
- ibid., pp. 175-176
- ibid., p. 177
- ibid., p. 177
- ibid., p. 178
- ibid., pp. 178-179
- ibid., p. 179
- ibid., p. 179
- ibid., pp. 180-181
- ibid., pp. 181-183
- ibid., pp. 188-189
- ibid., pp. 189-190
- ibid., p. 193
- ibid., pp. 193-194
- ibid., p. 194
- ibid., pp. 194-195
- ibid., pp. 196-197
- ibid., p. 197
- ibid., pp. 197-198
- ibid., p. 198
- ibid., pp. 198-199
- ibid., p. 199
- ibid., p. 200